A Trip Trap, encore quelques réglages mais c'est prometteur.
Aux Trois Chênes c'est l'heure du café...
Le 6 décembre on est entrés dans des moments très difficiles
Toux sans arrêt, jamais de répit, très mal aux membres, il est transféré en chambre seul.
Il dort presque tout le temps.
De retour aux soins continus, du 9 au 12 avec Nicolas on le veille, dormant (ce que l'on peut) sur des chaises longues.
Un court instant, il nous dit Au revoir puis Adieu !
le 12 décembre tôt le matin à 4h55 il s'en va, la respiration s'arrête. on est là chacun d'un côté, ses mains dans les nôtres.
culte d’adieu du 16.12.2022 à Versoix, pasteure Loraine d’Andiran
Je n’ai pas connu M. Aubry autrement que par ce que m’ont raconté de lui son
épouse et son fils. J’espère que vous retrouverez derrière mes mots un peu de ce
qu’il était pour vous...
Henry est né en juin 1944 et il a grandi à Versoix. C’était le cadet de 5 enfants, et le
« chouchou » tant de sa mère que de sa grande sœur, dont il était très proche. Il a
gardé le souvenir d’une enfance heureuse, dans la maison familiale, chemin Louis-
Dégallier. Mais à 20 ans, il a eu la douleur de perdre sa mère, puis sa sœur aînée
quelques années après. La mort de ces deux femmes qui l’aimaient tant a été un
choc.
Côté professionnel, M. Aubry a d’abord suivi un apprentissage manuel et artisanal
de gainier : il fabriquait des écrins pour l’argenterie, les coupes, des étuis pour les
instruments de musique, des tiroirs tendus de velours, etc. Ensuite, il a travaillé
pour l’État, d’abord à l’ancienne usine d’incinération de Richelien, puis au Service
des eaux à la station de Villette et aux SIG.
Trentenaire, c’est grâce à une petite annonce dans l’Illustré qu’il a rencontré
Suzanne, de la vallée de Joux. Il avait précisé qu’il était chrétien, ce qui a touché sa
future épouse. Leur premier rendez-vous a eu lieu à Ouchy en juin 1979 et Henry
a tout de suite su que « c’était la bonne »... Ils ont vécu plus de 40 ans ensemble.
Pendant 28 ans, tous les mercredis et samedis, ils ont aussi tenu un stand de
brocante au marché aux puces. On y trouvait des outils et ustensiles anciens,
soigneusement restaurés par Henry dans son atelier, où travaille maintenant
Nicolas, le fils qu’ils ont eu la joie d’avoir en 1982.
La passion de M. Aubry pour revaloriser les trésors anciens date du temps où il
voyait à Richelien tout ce dont se débarrassaient les gens. Il récupérait certains
objets et les réparait. Des poupées en porcelaine, dont il a fait cadeau à un
orphelinat. Des balances et mesures, des pèse-lettres qu’il a commencé à
collectionner et qui ornent à présent les vitrines de leur appartement. Henry aimait
faire les brocantes, le ramassage d’objets, aller dans des foires à Rolle ou ailleurs.
Une autre de ses passions, c’étaient les cartes postales de Versoix, que pouvez
désormais admirer sur le blog « Versoix Autrefois » créé par Suzanne, avec l’aide
de Nicolas. Comme vieux Versoisien très attaché à sa ville, M. Aubry était attentif
aux nouvelles constructions, aux chantiers, et il allait observer tous ceux signalés
par la feuille d’Avis.
Enfin, il y avait son amour de la nature et des animaux. En se promenant avec son
épouse, il nettoyait les bords du lac et taillait les ronces le long des chemins pour
qu’on puisse passer facilement. A la maison, dans son jardin, M. Aubry avait recréé
tout un écosystème avec de petits arbres ramassés dans les forêts et plantés avec
son fils.
Henry et Suzanne aimaient s’installer dehors au crépuscule pour observer les
hérissons. Ils leur offraient même des Panettone, dont ils se régalent semble-t-il !
Henry leur enlevait délicatement les tiques qui les parasitaient. Il était aussi
attentif à laisser des branches sèches pour les pics verts et les pics épeiches. Durant
son dernier séjour à l’hôpital Trois-Chêne, il a eu la joie d’en voir un devant sa
fenêtre, pendant un long moment, comme un dernier salut à l’ami des oiseaux...
Il faut aussi mentionner Maslow, le chien de la voisine Virginie. Dès que la porte
d’entrée s’ouvrait, Maslow déboulait dans le salon et sautait sur les genoux d’Henry
pour le lécher affectueusement, au grand dam de Suzanne...
M. Aubry était d’un naturel réservé et ne s’ouvrait pas facilement, paraît-il. Mais
quand il ouvrait son cœur, c’était pour de bon ! Comme avec son épouse adorée
Suzanne, puis avec Aurélia, la compagne de leur fils, qu’il aimait beaucoup et dont
il guettait la venue avec un grand sourire à l’hôpital...
Peu après sa retraite, M. Aubry a dû subir plusieurs opérations cardiaques. Il en a
gardé des séquelles et une fragilité. Il tombait, souffrait d’épilepsie, ce qui
l’empêchait aussi de conduire. Le moindre petit virus ou rhume l’atteignait
gravement. Il a eu 3 pneumonies rien que cette année, avec des hospitalisations, de
3 semaines à 2 mois. Il remontait la pente, car il était robuste, ce qui épatait les
médecins. Mais son moral en souffrait et il avait besoin d’aide pour tous les gestes
du quotidien. La dernière pneumonie a malheureusement eu raison de lui.
Son épouse et son fils ont veillé à ses côtés, dormant même à l’hôpital les derniers
jours. Vous avez eu ce courage que donne l’amour pour rester là, oscillant entre
l’espoir qu’il aille mieux et le désir qu’il ne souffre plus. Et vous avez pu
l’accompagner jusqu’au bout. M. Aubry est mort très sereinement, dans son
sommeil, alors que vous étiez de chaque côté du lit, tenant ses mains dans les
vôtres. Quel cadeau, pour lui et pour vous !
Il y a peut-être des ombres, des regrets, des questions qui demeurent. L’autre reste
toujours un mystère, même dans les familles proches. Mais que de souvenirs
précieux, qui font pleurer l’absence, le manque mais réchauffent aussi le cœur...
Nicolas, vous avez beaucoup appris et reçu de lui, de son amour de la nature, au
jardin de la maison où vous avez pris la relève, et aussi de son talent d’artisan pour
repérer et restaurer les vieux objets, dont vous avez fait votre métier. Vous faites
maintenant la joie de petits et grands avec Trip Trap, dans l’amour de l’art, des
matériaux et de l’histoire !
Et vous, Suzanne, vous avez reçu cette grâce de toujours vous aimer, avec Henry.
Après plusieurs années où vous avez pris soin de lui jour et nuit avec tant de
dévouement, il va falloir prendre bien soin de vous, vous reposer, trouver des
activités qui vous fassent du bien et vous occupent autrement. Je crois que vous
avez déjà des idées... et vous êtes heureusement très bien entourée.
Que le souvenir d’Henry vous soit doux !
Orgue avec Nathalie Effenberger
la musique de Vivre pour le meilleur de Johnny
du jazz aussi, tout ce qu'il aimait !
Magnifique photo que Nicolas avait faite.
Emouvant souvenir réalisé par Nicolas. Cela accompagnera son papa dans la tombe !











